Discours

Les Discours de Jean Jaurès…

 

Discours à la jeunesse, Albi, 1903

Tout au long de son parcours, Jaurès prononça plusieurs discours. Cependant, celui qu’il adressa à la jeunesse d’ Albi en juillet 1903, est le plus connu et le plus souvent cité notamment le passage sur ” le courage”. Pourtant c’est dans ce discours que Jaurès s’interroge sur ce qu’est la République. La cérémonie a lieu le 30 juillet 1903, Jaurès s’adresse aux élèves du lycée d’Albi, où il a lui-même été élève, puis professeur quelques décennies plus tôt. Il est alors un personnage officiel : député socialiste de Carmaux certes, mais aussi vice-président de la Chambre des députés et personnage clef de la majorité parlementaire. On le surnomme “ le ministre de la Parole ” ou le “ Saint-Jean Bouche d’Or ” du gouvernement Combes qui mène une vigoureuse politique anticléricale et d’action républicaine dont l’issue sera le 9 décembre 1905 le vote de la loi de séparation des Églises et de l’État.

“Mesdames, Messieurs, Jeunes élèves,

C’est une grande joie pour moi de me retrouver en ce lycée d’Albi et d’y reprendre un instant la parole. Grande joie nuancée d’un peu de mélancolie ; car lorsqu’on revient à de longs intervalles, on mesure soudain ce que l’insensible fuite des jours a ôté de nous pour le donner au passé. Le temps nous avait dérobés à nous-mêmes, parcelle à parcelle, et tout à coup c’est un gros bloc de notre vie que nous voyons loin de nous. La longue fourmilière des minutes emportant chacune un grain chemine silencieusement, et un beau soir le grenier est vide..Lire la suite

le lycée d'Albi. Jaurès y prononça en 1903 le "Discours à la jeunesse"

le lycée d’Albi. Jaurès y prononça en 1903 le “Discours à la jeunesse”

 

 

 

 

 

 

 

 

 Discours de Toulouse, 1892

Jean Jaurès (1914) n’exerce pas, à l’époque, de mandat parlementaire. Professeur à la faculté des Lettres, il est, depuis 1890, adjoint au maire, délégué à l’instruction publique, et c’est à ce titre qu’il préside à la distribution des prix. Quand il s’adresse aux lycéens de Toulouse, il a trente trois ans, avec, derrière lui, son mandat parlementaire de 1885 à 1889,  sans avoir encore donné au socialisme une adhésion formelle, il a affirmé son attachement à une conception de la République qui est déjà, en profondeur, marquée par l’idée socialiste. Ce texte, dont le langue admirable traduit la pensée généreuse de l’humaniste et du poète, permet de saisir un aspect du cheminement politique de Jaurès.

“Mesdames, Messieurs, jeunes gens,
Je me félicite beaucoup du grand honneur qui a été fait, en ma personne, à la municipalité de Toulouse. Il me permet d’abord de remercier, en votre nom, M. Gilbaut* de son piquant et curieux discours. La réhabilitation de ces pauvres rêveurs d’alchimistes par la science positive contemporaine est un fait très remarquable et très suggestif. Ils ont bien, en effet, créé la chimie moderne et non pas indirectement et par ricochet ; s’ils l’ont préparée, ce n’est pas seulement parce qu’à propos de leurs chimériques recherches, ils ont rencontré des observations de détail, c’est surtout parce que ces recherches mêmes impliquaient le principe de l’unité chimique, qui a été la lumière et la vie de la chimie moderne. Ils n’ont eu qu’un tort, c’est d’élire entre tous les corps un roi, l’or, auquel ils rapportaient tout... Lire la Suite

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Discours adressé à la chambre des députés, 1910

Député du Tarn, Jaurès va, dès le début de la grève de Graulhet, et cette fois c’est la question des salaires qui déclenche l’exceptionnel mouvement de masse des moutonniers qui va toucher la petite commune du Tarn pendant plus de quatre mois,  se ranger du coté des travailleurs. Il prononce à ce sujet un discours à la Chambre, le 17 janvier 1910, dans lequel il revient sur la dureté des conditions de travail  insalubres et dangereuses au sein de l’industrie du cuir et ses conséquences sur la santé des ouvriers.

“M. Jaurès. Si j’ai demandé d’urgence à M. le ministre du travail de vouloir bien accepter, sur la grève de Graulhet, une question, si je lui ai demandé de me dire quelles mesures le Gouvernement comptait prendre et quelle action il comptait exercer pour résoudre équitablement ce conflit, c’est que, depuis six semaines, dans cette ville de Graulhet qui a déjà été éprouvée, depuis quelques années, par des chômages périodiques très durs et presque épuisants, se développe une lutte qui peut aboutir à des conséquences graves...lire la suite

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